Les bonnes fées des berceaux turcs

CDD_boite-a-souvenirsPour inaugurer cette série d’anecdotes et d’impressions sur le vécu des enfants en Turquie, quel autre sujet que celui de la naissance ? A chaque pays ses traditions, colifichets et aliments pour accueillir un nouveau-né et lui porter chance. Dans les boîtes à souvenirs de nos deux garçons, deux objets en particulier n’y auraient pas trouvé leur place s’ils étaient nés ailleurs qu’en Turquie… : la pièce d’or fait partie de l’arsenal des cadeaux les plus traditionnels. On a bien entendu le choix entre plusieurs grammages et c’est certainement le présent le plus souvent offert par les entreprises pour éviter toute faute de goût… Et bien évidemment, des « boncuk » (prononcez « bondjouk »), ces petites perles bleues et blanches, incontournables gris-gris, chasseurs de mauvais-œil, exterminateurs de maladies, empêcheurs de tourner en rond des petits et grands maux du quotidien… On en met partout : en broches sur les vêtements, en stickers sur les paquets-cadeaux, en décoration dans la chambre et sur les portes… ; et on ne lésine pas sur la quantité lorsqu’il s’agit d’un enfant ! Un peu comme si pour se défendre et conjurer la malchance, on fournissait aux bébés des yeux pour appliquer la loi du talion : pas de dent encore mais oeil pour oeil !

Non photographiable, mais ô combien mémorable : l’interjection « MACHALLAH ! » (« Ce que dieu a voulu »)… Dès que l’on sort dans la rue avec un bébé ou un enfant, cela devient une petite ritournelle agréable à entendre, prononcée par de parfaits inconnus à notre adresse : à la fois pour féliciter sur la bonne santé de l’enfant et préserver ce dernier. Si l’enfant est blond aux yeux bleus, c’est le jackpot, vous l’entendrez d’autant plus ! Premier stade de connivence avec vous, les passants plus téméraires tenteront ensuite les gouzis-gouzis, voire les pincements de joue.

Cela se dit également en réponse à un compliment fait au sujet de l’enfant, car le mauvais-œil pourrait s’intéresser de près à une personne dont on dirait trop de bien…

C’est certainement ce par quoi j’ai été le plus contaminée ici : c’est bien simple, on ne peut pas adresser un compliment à nos garçons sans que je réplique immédiatement un « MACHALLAH » protecteur… Et c’est limite si je ne m’offusque pas dudit compliment qui pourrait justement nous attirer la poisse…

Christelle D.D