Le mahya : Guirlandes de Lumières du Ramadan 2015 à Istanbul

installateur mahayDurant le mois du Ramadan, des guirlandes de lumières sont supendues entre les minarets de mosquées et portent des messages lumineux de bons vœux de Ramadan. Il s’agit d’une coutume, plutôt d’un art né bien avant l’invention de l’électricité et des panneaux publicitaires lumineux.

En Turquie, mais plus particulièrement à Istanbul des lumières sont suspendues entre les minarets des mosquées pour le Ramadan. Cette tradition a plus de 400 ans se nomme c’est l’art du Mahya.

Les premiers Mahya étaient de petits lampions à la bougie. Les guirlande de lumières, comportaient un motif ou une phrase, ainsi décorations composées rivalisaient d’un quartier à l’autre et les artisans du Mahya, « signaient » leurs œuvres et gagnaient en réputation.

Aujourd’hui encore les messages inscrits illuminent la ville, et des «  mahyaci » ou « artisan techniciens du mahya », continuent ce métier méconnu.

mahya

Les plus connus des « mahyaci actuel » d’Istanbul, Kahraman Yıldız, Aziz Tosyalı et Süleyman Kök et le plus jeune Ali Murat Kayalı travaillent avec leurs équipes pour perpétrer cette coutume ancestrales avec fierté.

Le travail commence en atelier 20 jours avant le début du Ramadan.

Les phrases et voeux inscrits sont déterminés par la «Direction des affaires religieuses

( Din İşleri Yüksek Kurulu Başkanlığı).

Le chef d’atelier le «  Usta » fait d’abord le dessin sur un patron de papier et ensuite les câbles sont « truffés de douilles » supportant des centaines d’ampoules 15 watts.

mahya-2015En ce Ramadan 2015 les messages inscrits sur les mahya des mosquées de Eyup, de Sultanahmet, Süleymaniye et Eminönü sont :

 »Hoşgeldin Mübarek Ramazan », « Bienvenue mois saint du Ramadan »

 »Hoşgeldin 11 Ayın Sultanı », » «  Bienvenue le Sultan des 11 mois « 

 »Oruç Tut Sıhhat Bul », «  Fais le jeûne, trouve la santé »

 »Oruç Arınmaktır », », « le jeûne est se purifier »

 »Ramazan Kardeşliktir » « le ramadan est la fraternité ».

Mais les messages sont changés toutes les semaines .

Le premier Mahya serait né en 1614, le muezzin Hattat Hafiz Ahmet Kefevi de la Mosquée de Fatih aurait suspendu ses petites bougies les dédiant au Sultan Ahmet 1er qui ayant beaucoup apprécié l’attention en fit une tradition pour les nuits du Ramadan.

En 1617, avec la fin des travaux de la Mosquée Bleue les premiers artistes poseurs de Mahya se répandirent, les archives de Topkapi conservent les traces des salaires qui leur ont été versés et permettent de les recenser.

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